Peu de litiges juridiques sont aussi douloureux sur le plan personnel qu’un mariage brisé par l’infidélité. La Thaïlande offre un recours civil clair au conjoint lésé, et depuis la réforme de 2025 de l'article 1523 du Code civil et commercial, ce recours est désormais accessible de manière égale à tous les conjoints, indépendamment de leur sexe ou de leur orientation sexuelle. Ce guide explique précisément comment fonctionne une demande de dommages-intérêts pour adultère en Thaïlande, quelles preuves sont nécessaires, comment les tribunaux thaïlandais fixent le montant de l'indemnisation, ainsi que le délai strict d'un an qui prend de nombreux demandeurs par surprise.
En Thaïlande, l'adultère est un délit civil, et non un crime
En Thaïlande, l'adultère n'est pas considéré comme un délit pénal. Ni le conjoint, ni l'amant, ni aucune tierce personne ne peut être emprisonné au seul motif d'une relation extraconjugale. Les recours relèvent exclusivement du droit civil et sont régis par le livre V du Code civil et commercial (CCC) consacré à la famille. Le conjoint lésé peut intenter une action en dommages-intérêts, et l'adultère constitue l'un des motifs reconnus pour introduire une demande de divorce.
Ces deux voies de recours civiles suivent des voies parallèles. Un conjoint peut intenter une action en dommages-intérêts contre le conjoint infidèle et le tiers sans demander le divorce. De même, un conjoint peut introduire une demande de divorce pour adultère et demander une indemnisation dans le cadre de la même procédure. Le choix dépend du résultat souhaité par le conjoint lésé : une indemnisation financière, la dissolution du mariage, ou les deux.
Le cadre juridique : articles 1516, 1523, 1524 et 1525 du Code civil
Quatre dispositions du Code civil et commercial constituent ensemble le cadre juridique régissant les actions en justice pour adultère en Thaïlande. Les lire dans l'ordre permet de rendre ce système compréhensible pour les clients qui, souvent, s'attendent à des sanctions pénales.
| Disposition | Objet | Effet clé |
|---|---|---|
| Article 1516, paragraphe 1 | Motifs de divorce | L'adultère, le fait de considérer ou de traiter une tierce personne comme un conjoint, ou le fait d'avoir régulièrement des relations sexuelles avec une tierce personne constituent chacun un motif légal de divorce. |
| Article 1523, paragraphe 1 | Indemnisation en cas de divorce pour adultère | Lorsque le tribunal prononce le divorce en vertu du motif prévu à l'article 1516, paragraphe 1, le conjoint lésé peut demander une indemnisation au conjoint infidèle et au tiers. |
| Article 1523, paragraphe 2 | Indemnisation hors cadre du divorce | Chacun des époux peut demander réparation à un tiers qui a eu des relations sexuelles avec l'autre époux, ou qui s'est ouvertement présenté comme entretenant une relation sexuelle avec l'autre époux, même sans avoir introduit de demande de divorce. |
| Article 1524 | Indemnisation en cas d'autres fautes | Lorsque le divorce est prononcé en vertu des paragraphes 1516(3), (4) ou (6) et que la faute était intentionnelle, le conjoint lésé peut demander une indemnisation au conjoint fautif. |
| Article 1525 | Détermination du montant | Le tribunal fixe le montant de l'indemnisation en fonction des circonstances et peut ordonner un paiement unique ou un paiement échelonné. |
Deux alinéas de l'article 1523 s'appliquent différemment dans la pratique. L'alinéa 1 lie le droit à une indemnisation à un jugement de divorce prononcé pour cause d'adultère. L'alinéa 2 s'applique de manière autonome : un conjoint peut poursuivre le tiers en dommages-intérêts sans demander le divorce. Cette dernière voie est souvent choisie lorsque le conjoint lésé souhaite préserver le mariage, mais cherche à obtenir une réparation financière et à exercer un effet dissuasif à l'encontre du tiers.
La réforme de 2025 : une loi sur l'adultère non discriminatoire
Jusqu'au début de l'année 2025, l'article 1523, paragraphe 2, établissait une distinction très nette entre les maris et les femmes. Un mari pouvait poursuivre en justice toute personne ayant eu des relations adultères avec son épouse. Une femme, en revanche, ne pouvait poursuivre qu'une autre femme, et uniquement celle qui avait ouvertement entretenu une liaison avec son mari. Les relations entre personnes du même sexe ne relevaient pas du tout de ce cadre, car le mariage entre personnes du même sexe n'était pas encore reconnu.
La Cour constitutionnelle a mis fin à ce déséquilibre dans son arrêt n° 13/2567 du 18 juin 2024, en estimant que la formulation antérieure de l'article 1523, paragraphe 2, violait l'article 27 de la Constitution en traitant les hommes et les femmes de manière inégale. Le Parlement a réagi en adoptant la loi n° 24 de 2024 portant modification du Code civil et commercial (B.E. 2567), qui est entrée en vigueur le 23 janvier 2025 en même temps que la loi sur l'égalité en matière de mariage. Cet amendement a remplacé les termes genrés « mari et femme » par le terme neutre « conjoint », ce qui a eu trois conséquences pratiques :
- Une épouse peut désormais intenter une action en justice contre un homme, une femme ou tout autre adulte ayant eu une relation adultère avec son mari, dans les mêmes conditions qu'un mari qui poursuivrait l'amant de son épouse.
- Les conjoints de même sexe, légalement mariés depuis le 23 janvier 2025, ont pleinement qualité pour intenter une action en dommages-intérêts pour adultère en vertu de l'article 1523, dans les mêmes conditions que les autres conjoints.
- Le fondement de l'action ne dépend plus du fait que l'adultère ait été commis « ouvertement » par un homme, alors que les femmes doivent toujours prouver un comportement manifeste uniquement à l'égard d'un amant du même sexe en dehors du mariage ; la règle est désormais uniforme pour tous les conjoints.
Cette réforme est de nature procédurale. Le fond du droit d'action a été maintenu. Seules les restrictions liées au genre ont disparu. Les tribunaux continuent d'appliquer les mêmes règles en matière de preuve et les mêmes principes d'évaluation des dommages décrits ci-dessous.
Qui peut être poursuivi pour adultère en Thaïlande ?
Deux catégories de défendeurs sont susceptibles de faire l'objet d'une action en justice en vertu de l'article 1523 applicable après 2025. Chacune d'entre elles soulève des considérations pratiques différentes.
Le conjoint infidèle
Le conjoint lésé ne peut demander des dommages-intérêts à son partenaire que dans le cadre d'un jugement de divorce rendu en vertu de l'article 1516, paragraphe 1. En dehors d'une procédure de divorce, aucun dommage-intérêt n'est accordé entre conjoints pour l'adultère en tant que tel. Un conjoint qui souhaite obtenir réparation de la part de son partenaire doit donc joindre cette demande à une requête en divorce.
La tierce personne (maîtresse, Mia Noi ou équivalent)
Le tiers peut être poursuivi en justice, que le conjoint lésé demande ou non le divorce. Le demandeur doit prouver l'un des deux éléments suivants :
- que le tiers ait eu des relations sexuelles avec le conjoint, ou
- Que le tiers se soit ouvertement présenté comme entretenant une relation sexuelle avec le conjoint, par exemple par des marques d'affection en public, des annonces sur les réseaux sociaux, une cohabitation ou en faisant état de cette relation auprès de la famille, des voisins ou des collègues.
Une tierce personne qui ignorait véritablement que le conjoint était marié reste légalement responsable. Les tribunaux thaïlandais considèrent l'ignorance comme un circonstance atténuante lors de la fixation du montant de l'indemnisation, et non comme un moyen de défense absolu. À l'inverse, un amant qui avait connaissance du mariage s'expose à des conséquences plus graves.
Éléments de preuve requis pour prouver l'adultère
Le succès d'une action en justice repose sur la qualité des preuves. Les tribunaux thaïlandais appliquent la norme de preuve civile, à savoir la prépondérance de la preuve, mais c'est au demandeur qu'incombe la charge de la preuve, et les juges aux affaires familiales sont habitués à examiner des documents clairs et datés de l'époque. Les catégories de preuves suivantes sont généralement jugées convaincantes dans la pratique thaïlandaise :
- Des photos et des vidéos montrant le conjoint et un tiers dans des situations compromettantes, partageant un logement ou participant ensemble à des événements en tant que couple
- Documents relatifs à l'hébergement et au voyage, notamment les confirmations de réservation à nom commun, les factures de partage de chambre, les tampons d'immigration attestant d'un voyage effectué simultanément ou les contrats de location immobilière
- Les communications numériques, telles que les messages, les e-mails, les messages vocaux et les échanges d'images à caractère intime
- Éléments de preuve issus des réseaux sociaux, notamment les publications publiques, les photos taguées, les photos de profil et les déclarations concernant le statut relationnel
- Témoignages de voisins, de membres du personnel de maison, d'amis ou de proches ayant été témoins de cette relation
- Actes de naissance et preuves ADN lorsqu'un enfant est né d'une relation extraconjugale
- Documents financiers attestant de dons, de virements, d'un logement détenu en commun ou de contributions aux frais de subsistance d'un tiers
Les preuves recueillies de manière illégale, par exemple en piratant le compte privé du conjoint ou en effectuant des enregistrements clandestins dans des locaux privés, ce qui constitue une violation de la loi sur la criminalité informatique de l'an 2550 du b.e., peuvent être écartées et peuvent même exposer le plaignant à des poursuites pénales. La plupart des avocats spécialisés en droit de la famille en Thaïlande recommandent de faire appel à un détective privé agréé qui maîtrise la distinction entre une surveillance admissible et une intrusion illégale.
Comment les tribunaux thaïlandais calculent-ils les indemnités ?
L'article 1525 confère au tribunal un pouvoir discrétionnaire explicite pour fixer le montant de l'indemnisation en fonction des circonstances propres à chaque affaire. Il n'existe ni plafond ni plancher légal. Dans la pratique, les indemnités accordées en Thaïlande pour préjudice moral lié à l'adultère varient généralement entre 100 000 et 1 000 000 THB, des montants plus élevés étant accordés dans les affaires impliquant une exposition publique, des relations extraconjugales de longue durée ou des défendeurs fortunés. Les tribunaux prennent en compte une combinaison de facteurs subjectifs et objectifs :
| Facteur | Ce que la Cour prend en considération |
|---|---|
| Durée et intensité de la liaison | Une relation de courte durée donne généralement lieu à une indemnité moins élevée qu'une cohabitation de plusieurs années ou la naissance d'un enfant hors mariage. |
| Exposition publique | Un scandale public, une humiliation sur les réseaux sociaux ou une prise de conscience au sein de la communauté aggravent les dommages. |
| Connaissance du mariage | Un tiers qui savait que le conjoint était marié a droit à une indemnisation plus élevée qu'un tiers qui a été induit en erreur. |
| Les enfants issus de ce mariage | Les situations qui déstabilisent un foyer avec des enfants mineurs sont prises plus au sérieux. |
| Situation sociale et financière | L'atteinte à la réputation d'un professionnel de premier plan ou d'un chef d'entreprise est évaluée à la hausse, tout comme la fortune du défendeur tenu de verser des dommages-intérêts. |
| Comportement du conjoint infidèle | Le fait que le conjoint ait activement courtisé le tiers ou qu'il ait été courtisé a une incidence sur la répartition des responsabilités entre les défendeurs. |
| Souffrances psychologiques et émotionnelles | Le tribunal admet les preuves relatives au préjudice psychologique, y compris les rapports médicaux et les rapports de psychothérapeutes. |
Lorsque le conjoint infidèle et le tiers sont tous deux poursuivis, le tribunal peut répartir le montant total de l'indemnité entre eux. En vertu de l'article 1525, le tribunal peut également ordonner un paiement échelonné, notamment lorsque le défendeur ne dispose pas de liquidités immédiates.
Le délai d'un an : article 1529 du Code des impôts
L'article 1529 impose un délai de prescription strict : une action en dommages-intérêts pour adultère doit être intentée dans un délai d'un an à compter de la date à laquelle le conjoint lésé a eu connaissance, ou aurait dû avoir connaissance, des faits donnant lieu à la demande. Le délai ne commence pas à courir le jour où la relation extraconjugale a débuté. Il commence à courir le jour de la découverte des faits, ou le jour où une diligence raisonnable aurait permis de les découvrir.
Une relation qui se poursuit maintient effectivement le droit d'action en vigueur. Les tribunaux thaïlandais ont jugé à plusieurs reprises que, tant que la relation entre le conjoint et le tiers se poursuit, chaque jour qui s'écoule renouvelle le droit d'action et que le délai d'un an n'a pas encore définitivement commencé à courir. Une fois la relation terminée, le délai d'un an est compté à partir de cette date ou de la date de la découverte, la plus tardive des deux prévalant.
Il arrive que les conjoints étrangers résidant hors de Thaïlande perdent leur droit à une pension alimentaire parce qu'ils tardent à introduire leur demande, le temps de solliciter des conseils dans leur pays d'origine. Le délai court indépendamment de la nationalité, du lieu de résidence ou de la localisation des parties, et s'applique que le mariage ait été enregistré en Thaïlande ou reconnu depuis l'étranger.
Procédure étape par étape pour une demande d'indemnisation pour adultère
En Thaïlande, une action en dommages-intérêts pour adultère suit généralement un déroulement bien établi. Les délais varient en fonction de la charge de travail des tribunaux, de la coopération du défendeur et de la question de savoir si une procédure de divorce est engagée en parallèle.
Étape 1 : Collecte des éléments de preuve et évaluation préalable à l'action
L'avocat examine les documents relatifs au mariage, l'historique de la relation et tous les éléments de preuve déjà en sa possession. Il peut faire appel à un enquêteur agréé afin de combler légalement les lacunes en matière de preuve. L'avocat établit une estimation du montant de l'indemnisation et s'assure que le délai de prescription prévu à l'article 1529 n'a pas expiré.
Étape 2 : Rédaction et dépôt de la plainte
L'avocat du demandeur rédige la requête en précisant les parties, le motif de l'action en vertu de l'article 1523, le montant de l'indemnisation demandée et les pièces justificatives. La requête est déposée auprès du tribunal de première instance du district où résident les défendeurs ou où le fait générateur de l'action s'est produit. À Bangkok, les affaires familiales sont généralement portées devant le Tribunal central des mineurs et des affaires familiales, tandis que les affaires régionales sont traitées par la section des affaires familiales du tribunal provincial local.
Étape 3 : Frais de justice à régler lors du dépôt
Les frais de justice sont fixés conformément au barème prévu par le Code de procédure civile. Pour les demandes pécuniaires :
| Montant de la demande d'indemnisation | Taux des frais | Casquette |
|---|---|---|
| Jusqu'à 50 000 000 THB | 2 bahts par tranche de 100 bahts de sinistre (2 %) | Limité à 200 000 THB sur les 50 premiers millions |
| Plus de 50 000 000 THB | 0,1 baht par tranche de 100 bahts excédant le montant de référence (0,1 %) | Plus aucune limite |
Un demandeur qui réclame 500 000 THB de dommages-intérêts doit donc s'acquitter d'environ 10 000 THB de frais de justice lors du dépôt de la requête. Ces frais sont à la charge de la partie perdante à l'issue de la procédure.
Étape 4 : Service, Réponse, Médiation
Le tribunal cite les défendeurs à comparaître. Chaque défendeur doit déposer une réponse écrite dans les quinze jours suivant la signification, délai qui peut être prolongé sur demande. En Thaïlande, les tribunaux des affaires familiales renvoient systématiquement les affaires à une médiation judiciaire avant toute audience contradictoire. De nombreuses demandes de dommages-intérêts pour adultère aboutissent à un règlement à ce stade, souvent assorti d'engagements de confidentialité visant à protéger la réputation des parties.
Étape 5 : Procès et jugement
Si la médiation échoue, le tribunal fixe une audience avec les témoins. Chaque partie présente des pièces justificatives et fait comparaître des témoins. Le tribunal rend ensuite son jugement, fixe le montant de l'indemnisation conformément à l'article 1525 et ordonne le paiement en une seule fois ou par versements échelonnés.
Étape 6 : Recours et exécution
Chacune des parties peut interjeter appel devant la Cour d'appel chargée des affaires spécialisées dans un délai d'un mois à compter du jugement. Une fois le jugement définitif, le demandeur peut en obtenir l'exécution par l'intermédiaire du service des exécutions forcées, notamment en saisissant des comptes bancaires, en procédant à une saisie-arrêt sur salaire ou en saisissant les biens du débiteur judiciaire.
Moyens de défense et cas dans lesquels vous ne pouvez pas faire valoir vos droits
L'article 1523 interdit expressément toute indemnisation dans deux cas :
- Consentement ou complicité. Un conjoint qui a consenti à cette relation ou qui l'a sciemment tolérée ne peut pas intenter d'action en justice. Les mariages ouverts, les accords de type « Mia Noi » acceptés et toute autorisation documentée compromettent la validité de la plainte.
- Conduite autorisée par le conjoint. Lorsque le conjoint lésé a autorisé la conduite du tiers, l'action à l'encontre de ce tiers est prescrite.
Parmi les autres moyens de défense régulièrement invoqués lors des procès, on peut citer :
- Prescription en vertu de l'article 1529 (plus d'un an s'est écoulé depuis la découverte et la relation a pris fin)
- Il n'y a pas suffisamment d'éléments permettant de conclure que la relation était de nature sexuelle ou qu'elle était affichée ouvertement
- L'ignorance réelle du mariage de la part du tiers (atténue le montant des dommages-intérêts, même si elle n'empêche pas l'action en justice)
- Le mariage était déjà dissous au moment où les faits allégués se sont produits, ou les parties vivaient déjà en séparation de fait
- Le comportement adultère concomitant du demandeur, dont la Cour peut tenir compte lors de la fixation du montant
Conseils pratiques à l'intention des demandeurs étrangers
Les ressortissants étrangers mariés à un conjoint thaïlandais, ou les étrangers mariés entre eux en vertu de la législation thaïlandaise, sont pleinement habilités à intenter une action en dommages-intérêts pour adultère. Plusieurs aspects pratiques revêtent souvent une importance particulière :
- Enregistrement du mariage. Seul un mariage enregistré en Thaïlande ou reconnu par la législation thaïlandaise donne droit à la protection prévue à l'article 1523. Les cérémonies religieuses, la cohabitation de fait et les fiançailles non enregistrées ne donnent pas droit à des dommages-intérêts pour adultère.
- Traduction et légalisation. Les documents étrangers, y compris les actes de mariage étrangers, doivent être traduits en thaï et légalisés par le ministère thaïlandais des Affaires étrangères et l'ambassade concernée.
- Procuration. Un demandeur résidant à l'étranger peut habiliter un avocat thaïlandais à agir en son nom au moyen d'une procuration légalisée auprès de l'ambassade ou du consulat de Thaïlande.
- Devise de la décision. L'indemnisation est accordée en bahts thaïlandais. Les demandeurs étrangers doivent tenir compte du risque de change lors de l'évaluation de leur demande.
- Régime fiscal. Les dommages-intérêts accordés pour adultère ne sont généralement pas soumis à l'impôt thaïlandais sur le revenu des personnes physiques ; toutefois, les résidents fiscaux étrangers sont invités à se renseigner auprès des autorités fiscales de leur pays d'origine avant d'en prendre possession.
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Questions fréquemment posées
L'adultère est-il un délit en Thaïlande ?
Non. L'adultère ne constitue pas une infraction pénale en Thaïlande. Le recours est purement civil : il s'agit d'une indemnisation pécuniaire en vertu de l'article 1523 du Code civil et commercial et, si l'on le souhaite, d'un divorce pour le motif prévu à l'article 1516, paragraphe 1.
Ma femme thaïlandaise peut-elle poursuivre ma maîtresse en dommages-intérêts ?
Oui. Depuis la modification de l'article 1523 intervenue le 23 janvier 2025, une épouse peut poursuivre en justice tout tiers (homme, femme ou personne non binaire) ayant eu une relation adultère avec son mari, dans les mêmes conditions que celles qui permettent à un mari de poursuivre l'amant de son épouse. Avant cette réforme, une épouse ne pouvait poursuivre qu'une autre femme, et ce uniquement lorsque la liaison était publique.
Quel montant puis-je réclamer à titre de dommages-intérêts pour adultère en Thaïlande ?
Il n'existe pas de plafond légal. Les indemnités accordées varient généralement entre 100 000 et 1 000 000 de THB, les montants pouvant être plus élevés dans les affaires de longue durée, celles impliquant des personnalités publiques ou celles concernant des personnes fortunées. Le tribunal fixe le montant en vertu de l'article 1525 en fonction des circonstances, notamment la durée de la relation extraconjugale, l'exposition médiatique et la situation financière des parties.
Dois-je divorcer de mon conjoint pour poursuivre le tiers en justice ?
Non. L'article 1523, paragraphe 2, autorise un conjoint à intenter une action en dommages-intérêts contre un tiers sans demander le divorce. La demande de dommages-intérêts et la demande de divorce constituent des recours indépendants et peuvent être introduites conjointement ou séparément.
De quelles preuves ai-je besoin pour gagner un procès pour adultère en Thaïlande ?
Des preuves solides reposent généralement sur plusieurs sources : photographies, réservations d'hôtel et de voyage, communications numériques, activité sur les réseaux sociaux, témoignages, virements financiers à un tiers et, le cas échéant, la naissance d'un enfant issu de cette liaison. Les preuves recueillies de manière illégale, par exemple en piratant des comptes en violation de la loi sur la criminalité informatique de l'an 2550 du b.e., peuvent être écartées et exposer le plaignant à des poursuites pénales.
De combien de temps dispose-t-on pour intenter une action en justice pour adultère en Thaïlande ?
L'article 1529 prévoit un délai de prescription d'un an à compter de la date à laquelle le conjoint lésé a eu connaissance ou aurait dû avoir connaissance de l'infidélité. Si l'infidélité est toujours en cours, le délai n'a pas encore définitivement commencé à courir, mais attendre affaiblit également le dossier. Les demandeurs étrangers ne doivent pas partir du principe que les délais de prescription plus longs en vigueur dans leur pays d'origine s'appliquent en Thaïlande.
Les conjoints de même sexe peuvent-ils intenter une action pour adultère en Thaïlande ?
Oui. Depuis le 23 janvier 2025, les mariages entre personnes de même sexe sont reconnus par la législation thaïlandaise et les conjoints de même sexe disposent des mêmes droits pour intenter une action en dommages-intérêts pour adultère en vertu de l'article 1523. Le fondement de l'action et la procédure sont les mêmes que pour les conjoints de sexe opposé.
Et si la tierce personne ignorait que mon conjoint était marié ?
L'ignorance ne constitue pas un moyen de défense absolu. Le tiers reste responsable, mais les tribunaux thaïlandais considèrent l'ignorance sincère du mariage comme une circonstance atténuante lors de la fixation du montant des dommages-intérêts. Un amant qui savait que le conjoint était marié s'expose à des dommages-intérêts nettement plus élevés.
Les photos prises par des détectives privés sont-elles recevables devant les tribunaux thaïlandais ?
Les photographies prises dans des lieux publics par un enquêteur agréé sont généralement recevables. Les éléments obtenus en pénétrant dans des locaux privés sans autorisation, en piratant des comptes électroniques ou par tout autre comportement enfreignant la loi sur la criminalité informatique ou la loi sur la protection des données à caractère personnel peuvent être écartés et exposer le plaignant à des poursuites. Veillez à toujours coordonner la collecte des preuves avec votre conseiller juridique.
Puis-je intenter une action en justice si j'ai surpris mon conjoint en train de me tromper en Thaïlande, mais que l'adultère a eu lieu à l'étranger ?
Oui, sous réserve des règles de compétence. Lorsque le mariage a été célébré en Thaïlande ou que les parties ont leur résidence habituelle en Thaïlande, les tribunaux thaïlandais acceptent généralement la demande. Le lieu où l'adultère a été commis influe sur la collecte des preuves, mais pas sur le droit matériel prévu à l'article 1523.
Le conjoint infidèle et le tiers peuvent-ils être poursuivis dans le cadre de la même affaire ?
Oui, lorsque la demande s'inscrit dans le cadre d'un jugement de divorce en vertu de l'article 1516, paragraphe 1. Le tribunal peut répartir la somme allouée entre le conjoint et le tiers en fonction de leur part respective de responsabilité. Lorsque des dommages-intérêts sont réclamés en dehors d'une procédure de divorce, seul le tiers est le défendeur compétent en vertu de l'article 1523, paragraphe 2.
Une accusation d'adultère aura-t-elle une incidence sur la garde des enfants ?
Le Code civil et commercial distingue la question des dommages-intérêts pour adultère de celle de la garde. La garde est attribuée dans l'intérêt supérieur de l'enfant, conformément aux articles 1520 à 1522 et 1566. L'adultère constitue un élément pertinent, mais n'est pas, à lui seul, déterminant. Le tribunal tiendra compte de la stabilité de l'enfant, de sa scolarité, de l'aptitude des parents à assumer leur rôle et des préférences de l'enfant lui-même s'il est en âge de les exprimer.












